RSE & RH : les 4 best practices 2019

En 2017, les entreprises françaises étaient au 4e rang mondial pour leur politique de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Nous pouvons donc être optimistes pour la suite car ce thème est aujourd’hui à l’agenda des plus grands CODIR. Un espoir à nuancer car près d’un salarié français sur deux dit ignorer ce que ces trois lettres signifient. Comment un thème aussi structurant dans le rapport des salariés à leur entreprise et à la société peut-il passer inaperçu ? Écologie, sens, qualité de vie au travail, gouvernance, engagement… Les enjeux RH concernés méritent de s’arrêter sur les 4 initiatives RSE les plus efficaces de l’année.

Règle d’or RSE : sur quel(s) axe(s) lancer votre démarche ?

Pour éviter l’effet « RSE gadget », il est important, pour chaque entreprise, de bien appréhender les trois dimensions qui la composent : environnementale, sociétale et sociale. En effet, s’aventurer sur tous les axes et proposer des solutions « en kit », sans réflexion amont, n’aura aucun bénéfice RH ni économique. En revanche, en partant du business model, de la culture d’entreprise et de ses vrais enjeux, on construit une démarche cohérente au plus près de ses convictions.

Appuyez-vous sur les premiers intéressés, vos salariés, pour co-construire vos projets RSE : c’est dans cette dynamique collective qu’ils pourront renouer avec le sens, l’engagement personnel et collectif. Pour cela, laissez les salariés exprimer leurs idées, c’est ainsi qu’émergeront vos premières actions RSE. Puis, de manière itérative, une démarche progressive se mettra en place.

1/ Le pro bono : libérer les compétences au service du collectif

Le concept : Nous l’avons un peu oublié... mais l’ensemble de nos compétences constitue un bien commun qui ne s’arrête pas aux frontières de l’entreprise. Par essence, elles ont vocation à se transmettre et être (re)distribuées au sein de la société. A l’heure où le rôle de l’entreprise contributive se pose, le pro bono ou le mécénat de compétences, s’avèrent un trait d’union fédérateur entre entreprise-société-salariés. Ces derniers sont prêts à s’engager pendant leur temps de travail : 82 % des cadres sont volontaires pour mettre à disposition leurs compétences. Plus récemment, 17 patrons du CAC 40 ont signé un manifeste pour le mécénat de compétences afin que leurs salariés puissent plus facilement réaliser des actions d'intérêt général sur leur temps de travail. Un premier petit pas... car seuls 9 % des chefs d'entreprise le pratiquent déjà.

L’impact RH : ces initiatives sont des leviers de fidélisation puisque 67 %⁴ des salariés engagés déclarent être plus attachés à leur entreprise. Cela leur permettrait également de s’accomplir pleinement : 61 %⁴ ont une meilleure estime d’eux-mêmes.

Le cas client - Adecco

Objectif : créer une synergie sociétale positive grâce à la complémentarité entre le tissu associatif local et l’engagement des salariés.

Dispositif : tous les collaborateurs, en fonction de leurs compétences et envies, sont invités à participer en proposant une association ou en choisissant un partenaire déjà référencé par le groupe. Les actions en cours : coaching de chômeurs, témoignages inspirationnels auprès des établissements scolaires, gestion et administration pour des associations, missions solidaires, bénévolat …

17 signataires

2/ Prendre soin des salariés : l’investissement citoyen du 21e siècle ?

Le concept : Un des volets parmis les 66 propositions du « pacte pour le pouvoir de vivre » lancées par Nicolas Hulot et Laurent Berger (CFDT) concerne la qualité de vie au travail. Outre les conséquences individuelles et sociales souvent dramatiques du mal-être ou du burn-out, le coût pour la collectivité est devenu la bête noire des politiques : l’addition de la dépression liée au travail s’élève à 617 milliards d’euros en Europe. Et près d’un salarié sur deux se dit insatisfait de l’engagement de l’entreprise envers son bien-être. 42% des salariés pensent d’ailleurs que la prise en compte de la QVT est au coeur des préoccupations RSE. Investir dans des dispositifs de prévention santé, bien-être et sport sur le lieu de travail apporte ainsi des éléments de réponses à la fois rapides et concrets. À noter que ces démarches santé, sans être forcément « conscientisées » RSE, s’inscrivent pleinement dans le volet social.

L’impact RH : 77% des salariés qui pratiquent du sport en entreprise affirment que cela contribue à l’amélioration de leur santé, 70% en faveur de l’ambiance général, 69% sur leur bien-être et 63 % sur leur motivation au travail⁶.

Le cas client - GRTgaz

Objectif : le groupe a d’abord lancé une démarche QVT visant à accompagner les salariés en situation de RPS. Pour aller plus loin et s’inscrire dans une approche préventive, la Direction des Ressources Humaines a décidé d’adresser le sujet QVT de manière plus globale.

Dispositif : le programme Gymlib, abonnement sportif et bien-être à la carte, a donc été lancé comme une réponse concrète pour prendre soin de la santé des collaborateurs et les accompagner dans leur bien-être au quotidien. Un réel levier de performance et de cohésion social, d’après le DRH, Hervé Rambaud .

3/ Gérer ses externalités négatives : le réveil de la conscience environnementale

Le concept : En entreprise, le volet environnemental de la RSE est le plus connu, la transition écologique étant un sujet particulièrement présent dans l’actualité. On assiste, depuis peu, à une vraie bascule : la prise de conscience d’un effondrement potentiel de nos sociétés modernes dû, entre autres, aux dérives écologiques. 70 % des émissions de gaz à effet de serre émanent de 100 entreprises. Pour éviter le tournant « Black mirror », l’entreprise, en tant qu’agent pollueur majeur, se doit d’être responsable de ses externalités négatives. Différentes actions RSE existent : compensation carbone, campagne autour des éco-gestes et anti-gaspi, télétravail, conception alternative de produits ou services, normes des bâtiments… L’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME) a mis à disposition des documents pédagogiques pour une vie au bureau plus responsable.

L’impact RH : L’étude Cone Communication sur l’engagement des salariés a révélé que 70% des Millennials seraient plus « loyaux » et plus « fidèles » si l’entreprise engageait des actions responsables. L’écologie est en tête de liste de leurs préoccupations au regard des grèves étudiantes mondiales qui ont lieu tous les vendredis depuis février 2019.

Le cas client - Marcel

Objectif : Marcel, plateforme française de réservation de VTC citoyenne, a décidé de compenser toutes ses émissions carbone.

Dispositif : l’entreprise a réalisé un bilan carbone afin de calculer les émissions liées à son activité afin de pouvoir compenser ses impacts négatifs sur l’environnement. Comment ? L’EcoAct propose une compensation aux émissions appelée « la tonne équivalent carbone » : c’est un coût à la tonne qui offre la possibilité aux pays développés de financer la production d’énergies propres pour les pays en développement. Marcel a fait le choix de financer des éoliennes en Inde. Pour mener tous ces projets RSE, la start-up s’est d’ailleurs doté d’un comité interne ouvert à tous les salariés afin de prioriser et piloter ces initiatives.

statistiques

4/ Réinventer le modèle de gouvernance : en marche vers l’entreprise participative

Le concept : en 2019, 36 % des Français disent avoir confiance en leur entreprise selon le dernier sondage CEVIPOF : le plus bas niveau depuis 2011 ! La crise des Gilets jaunes a mis en lumière un modèle post-industriel à bout de souffle. Grâce à des initiatives RSE, il est possible de changer le système de l’intérieur. En agissant sur l’organisation du travail et la gouvernance, le but est d’impliquer davantage les salariés dans la gestion de l’entreprise. Frédéric Laloux, dans son best-seller, Reinventing Organisations, révèle que nous sommes à l’aune d’un nouveau paradigme où de nouvelles organisations dites « opales » émergent. Leurs caractéristiques ? Disparition de la hiérarchie, auto-organisation, collaboration, inclusion, confiance, autonomie, transparente (rémunération notamment), partage de la richesse (écart raisonné entre CEO et opérationnels)… Sans tout révolutionner, déjà 55% des entreprises déclarent avoir initié des projets d’innovation sociale ou managériale dans une optique RSE.

L’impact RH : les NWoW (New ways of working) favorisent la prise d’initiative largement plébiscités par les jeunes talents. Une information essentielle quand on sait qu’ils sont 39% à se voir quitter leur entreprise dans les 2 ans (contre 43% en 2016 et 36% en 2017) et que 56 % n’envisagent aucune collaboration avec certains employeurs en raison des valeurs ou de la conduite de ces entreprises.

Le cas entreprise - Poult

L’objectif : pour sortir d’une situation financière difficile, la biscuiterie Poult, sous l’impulsion de son Président Carlos Verkaeren, a décidé de libérer l’entreprise pour réengager ses parties prenantes dans un projet commun.

Dispositif : les chefs d’équipe ont été remplacés par des animateurs d’unité. Les décisions se prennent de manière collective. Les salariés peuvent prendre en charge des missions qui étaient confiées au management : la planification des horaires, la gestion de la qualité ou la maintenance. L’attribution des investissements dans l’entreprise est gérée par un collectif de personnes représentatives de toutes les communautés de l’entreprise.

Organisations OPAL

Annexe : boîte à outil RSE

Pour guider votre transition vers l’entreprise participative, tous les processus sont renseignés sur le wiki ouvert de Frédéric Laloux.

Trop complexe, nébuleux, mot à la mode ? La RSE reste un acronyme sur lequel les entreprises doivent davantage communiquer en interne. 57% des salariés déplorent un manque d’information de la part de leur employeur. De plus, les initiatives RSE apportent de réelles réponses aux enjeux RH liés aux désengagement, à la fuite des talents ou à la perte de sens. Rien est perdu... il existe pléthore de solutions pour mettre en place une démarche RSE qui parle à vos salariés et les impliquent réellement, notamment en la combinant au domaine sportif.

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Sources :

  1. Selon une étude publiée par EcoVadis et le médiateur des entreprises, 2017
  2. Étude Ipsos Open Mind Kfé, février 2019
  3. Baromètre du mécénat de compétences réalisé par La Fondation SNCF, avec la participation d’Entreprise et Progrès et de l’ANDRH, a publié en janvier 2019
  4. Selon l’European Burn Out Institute extrait de l’enquête Gymlib sur la QVT
  5. Enquête opinion way et Gymlib : le sport en entreprise, qu’attendent les français ?
  6. Infographie E-rse
  7. Selon un rapport de l'ONG internationale Carbon Disclosure Project
  8. Baromètre sur la confiance Sciencespo/Cevipof 2019
  9. Baromètre des enjeux RSE 2017, Produrables
  10. « Deloitte Millennials Survey » - 7ème édition