[INTERVIEW - Quantmetry] “Il va y avoir une vraie transformation de la fonction RH.”

Avec l’essor de l’intelligence artificielle, du Big Data, ou encore de l’automatisation, on peut se demander quelle sera la place de l’humain, et comment sera la qualité de sa vie au travail. Pour les RH, il s’agit d’un enjeu particulièrement sensible.

Voici nos questions à Marine Krol, Responsable Recrutement et Communication RH chez Quantmetry. Spécialiste des nouvelles technologies dans le domaine des ressources humaines, elle nous livre ses convictions quant à l’entreprise du futur.

Comment voyez-vous l’entreprise en 2030 ? Quels sont les scenarii possibles ?

Elle sera forcément de plus en plus digitale, avec une partie des tâches automatisées à l’aide de l’intelligence artificielle. Je pense aussi qu’il va y avoir un vrai avènement du télétravail. Il va donc falloir réfléchir à la conservation de l’état d’esprit d'entreprise, arriver à développer un vrai lien avec les collaborateurs qui sont un peu à droite et à gauche. Je pense que cela va être un véritable challenge.

Je pense également qu’au niveau du recrutement, la sélection des profils ne se déroulera pas du tout de la même façon. Aujourd'hui il y a une grande part de chasse, demain ce sera vraiment l’avènement de la marque employeur et d’autant plus un aspect marketing lié aux candidats.

Il va y avoir une vraie transformation de la fonction RH.

Comment l’IA va impacter ce monde de l’entreprise ? Notamment sur les aspects d’environnement, de conditions et d’organisation du travail ?

Il y aura de moins en moins de gens physiquement au même endroit. La technologie réglera sûrement les problèmes de réunions et calls qui fonctionnent mal.

Cela libérera aussi certains collaborateurs de tâches qui sont chronophages et peu intéressantes. De Cela leur permettra de prendre aussi de la hauteur. Je vois à l’avenir plus de fonctions clés et moins de tâches routinières qui seront automatisées.

Quelles seront les problématiques à aborder par l’entreprise à l’ère de l’IA ?

Il va déjà y avoir une problématique liée à la transformation des postes. En termes de RH, cela va être un sujet très important avec la formation des collaborateurs. Tout le monde n’est pas encore digitalisé aujourd’hui !

Si, comme je vous disais, les gens ne sont pas là tous en même temps, l’important sera de conserver cette cohésion d’équipe et cet état d’esprit d’entreprise qui peut se perdre en ayant ses collaborateurs à différents endroits.

Bureaux Quantmetry

Bureaux de Quantmetry

Comment l’entreprise doit-elle prendre la parole pour rassurer ses salariés sur les sujets liés à l’IA ?

Il faut les accompagner, il ne faut pas montrer qu’on est victime de ces changements mais un acteur. Il faut aussi anticiper les choses : c’est important de former les collaborateurs à faire face à ces sujets aujourd’hui. Cela me semble le plus important pour que demain ils ne se sentent pas dépassés et perdus dans cette révolution numérique.

En les accompagnant, ils acceptent et intègrent le changement.

Comment faire pour convaincre les sceptiques ? Faut-il former les salariés et les managers ?

La solution passe forcément par la formation, et ce, à toutes les strates : il faut accompagner les managers pour que leur communication et compréhension du sujet soit la meilleure. Ensuite, il faut accompagner les collaborateurs pour que pour eux aussi cette révolution soit comprise et acceptée.

Selon vous, comment l’IA va changer la pratique sportive ?

Aujourd’hui, les collaborateurs ne sont pas tous forcément au même endroit. Le sport peut continuer à faire partie des domaines qui créent du lien, mais pour cela, il va falloir innover ! Pourquoi pas des cours de sport à distance. Il est nécessaire de réfléchir à des moyens d’avoir un vrai cours, des interactions et le sentiment de vivre un moment de partage.

Le sport est-il une réponse aux menaces engendrées par l’IA comme la déconnexion, les relations sociales, la sédentarité… ?

Je pense que c’est en effet une réponse qui peut être la solution, ou l’une des solutions puisque tout le monde n’est pas sportif. Le sport une soupape de sécurité, pour s’offrir des moments à soi, pour souffler.