Futur du travail - Dictionnaire de survie (Partie 2)

Vous vous sentez parfois perdu au milieu de ces termes alambiqués qui apparaissent chaque jour un peu plus dans les articles sur l’entreprise et les RH de demain ?

Voici la seconde partie de notre guide pour décrypter les nouveaux codes de langage du travail. N’hésitez pas à (re)lire la première partie.

5. L’emploi multifacette : les nouveaux travailleurs débarquent

Slasheur : ce terme vient du nom du caractère slash « / » et concerne les travailleurs qui cumulent plusieurs métiers généralement par choix. Un livre en parle très bien, « Profession slasheur » de Marielle Barbe.

Solopreneur : entrepreneur qui dirige seul son entreprise et, pour faire grandir son business, va s’appuyer sur un réseau de professionnels indépendants.

Intrapreneur : terme inventé par Gifford Pinchot III dans un article de 1978 intitulé Intra-Corporate Entrepreneurship. Il s’agit d’un salarié d’une entreprise qui, en accord avec elle, gère un projet d’innovation en interne.

Freelance : ils représentent 10% de la population active en France en 2018. Les travailleurs indépendants répondent au besoin d’expertise et de flexibilité des entreprises. Au sein des entreprises, on voit apparaître de nouveaux métiers pour mieux gérer la relation entre le monde corporate et ses travailleurs : le chief freelance officer.

Incubation : professionnels et experts accompagnant des entrepreneurs, souvent des startups, dans la concrétisation de leur projet d’innovation. Les grands groupes proposent de plus en plus ce service pour diffuser plus d’agilité auprès de leurs salariés. Et pour accélérer le processus d’acculturation à l’innovation, il existe aussi l’excubation : les salariés d’une entreprise développe un projet en immersion au sein de l’écosystème startup.

Télétravail

6. Gestion de l’innovation : lab, shadow et design

Fablab : un « fabrication laboratory » est un lieu ouvert où sont mis à disposition des outils pour innover et favoriser la réalisation de prototypes. Ils regroupent des populations, tranches d'âge et métiers différents (artistes, entrepreneurs, designers…).

fablab à Rotterdam

Open innovation : concept développé au début des années 2000, c’est un processus d’innovation par lequel l’entreprise n’est pas « fermée » et s’ouvre à une diversité d’acteurs externes et internes tels que des chercheurs, entreprises partenaires, clients, étudiants, salariés...

Design thinking : ensemble de méthodes et d’outils qui aident à la résolution de problèmes en s’appuyant sur la pensée analytique et la pensée intuitive ainsi que Ie processus de co-créativité. Le design thinking a pour vocation de faire travailler ensemble les ingénieurs, les professionnels du marketing et les créatifs.

Shadow comex : « comité exécutif de l’ombre » souvent composé de jeunes cadres, ce groupe a pour mission d’émettre des recommandations innovantes à la Direction pour répondre aux enjeux stratégiques de l’entreprise.

Hackathon : contraction de « hack » (s'introduire dans un système), et marathon, cet événement regroupe des personnes aux compétences variées autour d’un but (ou problématiques) commun(es) pendant une courte période afin d’en sortir des idées novatrices à expérimenter.

7. Gestion des talents et des compétences : du soft, du mooc et du mad.

Soft skills : assimilées à des compétences humaines, elles désignent les compétences dites comportementales et interpersonnelles (le savoir-être). Les entreprises ont aujourd’hui besoin de personnes avec une forte capacité d’adaptation et d’apprentissage face à des situations complexes et de nouveaux environnements. Elles viennent donc compléter les hard skills, les savoir-faire ou compétences dites techniques, généralement acquises par l’individu.

Mad skills : les « compétences folles » regroupent une expertise multidimensionnelle, ou des compétences singulières voire extraordinaires qui apportent une forte valeur ajoutée à l’entreprise. Le terme « mad skills » est déjà associé à plus de 1000 annonces de recrutement aux Etats-Unis sur le site leader Monster.

Travail inclusif : organisation où tous les employés se sentent les bienvenus et intégrés dans le respect de la diversité.

Mooc : les Massive Open Online Courses sont des cours en ligne et gratuits offerts par des universités comme Stanford ou Harvard.

Digital learning : présence du numérique dans les contenus de formation, que ce soit en présentiel ou en ligne. Il existe différents formats : vidéos, snack learning (contenus courts type podcast), quiz, lecture…

Learning expedition : l’objectif pour une équipe est de découvrir d'autres cultures d'entreprises à savoir les nouvelles innovations de leur marché, le style managérial ou les bonnes pratiques en termes de qualité de vie au travail.

Formation en ligne

8. QVT et bien-être : à la conquête de l’équilibre et du sens.

Burn out : le syndrome d'épuisement professionnel est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique. En cas d’ennui ou de sous activité, on parlera de bore out tout aussi néfaste pour la santé mentale. Quant à la perte de sens ou l’incompréhension complète de son rôle dans l’entreprise, on parlera de brown out que l’anthropologue américain David Graeber dénonçait déjà dans une tribune intitulée Du phénomène des jobs à la con.

Happy washing : l’entreprise revendique des valeurs de bien-être au travail et les utilise comme des outils marketing pour embellir son image… mais sans changer quoi que ce soit à son organisation ou son mode de management.

ATAWAD : pour « any time, any where, any device ». Ce concept, né de la transformation digitale, désigne la possibilité d’accéder à tout type de contenu, à tout moment, en tous lieux et depuis n’importe quel support connecté à internet.

Blurring : effacement progressif de la frontière vie professionnelle et vie privée pour les actifs qui sont de plus en plus connectés (téléphone, télétravail, messagerie instantanée).

Déconnexion : mis en application depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion vise à protéger le temps de repos des salariés afin qu’ils ne soient pas, en permanence, joignable pour des motifs liés à son travail (sms, email etc…).