Enjeu de santé publique, les risques psychosociaux (RPS) sont en premier lieu une problématique à prendre en compte au sein des entreprises. Anxiété, stress, dépression, troubles psychosomatiques sont autant de conséquences de situations de travail qui dégradent la santé mentale des collaborateurs. Quelle est la réalité des RPS en France ? Comment éviter les situations risquées et y répondre lorsqu’elles se produisent ? Pour vous y aider, voici un aperçu des dernières études et 5 conseils concrets à mettre en place dès à présent en entreprise pour améliorer la santé mentale de vos salariés.

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Les risques psychosociaux au travail, de quoi parle-t-on ?

Définition des risques psychosociaux

Les risques psychosociaux (RPS) représentent l’ensemble des situations de travail qui conduisent à la dégradation de la santé mentale et par ricochet, physique. Ils se distinguent notamment des troubles musculo-squelettiques (TMS) qui sont quant à eux des conséquences des conditions de travail sur la santé physique uniquement. Pour autant, des TMS peuvent être à l'origine des risques psychosociaux ou en faire partie.

Les RPS peuvent ainsi se définir comme le résultat d’un stress provenant :

  • D’une situation de travail difficile ou inconfortable : en raison d’une surcharge, d’un manque de considération, de la sensation de ne pas répondre suffisamment aux exigences de ses supérieurs
  • D’une situation violente moralement ou physiquement : harcèlement moral ou sexuel
  • D’un épuisement / burn-out
  • De difficultés personnelles qui rejaillissent dans la sphère professionnelle 
  • Etc.

Quelles sont les conséquences des risques psychosociaux ?

Les effets sur la santé mentale des RPS dépendent de chaque personne, mais même celles qui se sentent « capables d’encaisser » sont susceptibles de développer des troubles plus ou moins intenses :

  • Anxiété ponctuelle ou chronique / stress 
  • Difficultés pour dormir
  • Dévalorisation de soi-même 
  • Douleurs psychosomatiques mais bien réelles : cela peut toucher le dos, les jambes (sensation de jambes qui ne répondent plus), le système digestif, déclencher des migraines, des problèmes de peau, etc.
  • Pensées suicidaires
  • Conduites addictives (alcool, drogue, médicament)

Santé mentale  : des chiffres inquiétants en France

La santé mentale des salariés est dans le rouge et continue de se dégrader alors que la crise sanitaire semble s’assoupir. En 2021, 41 % des salariés étaient en détresse psychologique (+ 3 points), 34 % en burnout dont 13 % en burnout sévère d’après le baromètre d’Empreinte Humaine et Opinion Way. 

Selon une enquête de Santé Publique France menée en 2021 sur la santé mentale des Français sur un panel de 700 000 participants, faisant suite à la pandémie de Covid, il est apparu que :

  • L’anxiété concernait 22.3 % de la population 
  • Parmi ceux qui connaissaient déjà des troubles de santé mentale avant la crise sanitaire, 33 % admettaient à la fois connaître un état anxieux et dépressif. Seuls 13 % d’entre eux s’avouaient alors ni stressés ni déprimés.

Une autre étude de Coviprev réalisée entre septembre et octobre 2021 montre que 3 Français sur 4 ont eu des problèmes de sommeil et 1 Français sur 10 a eu des pensées suicidaires pendant l’année écoulée.

Le baromètre annuel du cabinet d’audit BDO France ,publié en décembre 2021, montre lui une « hausse significative des arrêts de travail liés aux risques psychosociaux » :

  • Alors qu’en 2017, 33 % des entreprises étaient confrontées à des arrêts maladie liés aux RPS, en 2021, elles étaient en moyenne 51 %. 
  • Les grandes entreprises sont plus concernées en général avec 63 % et une hausse de 3 %. Mais les PME ont été les plus touchées ces deux dernières années avec une augmentation de 23 %.

5 bonnes pratiques pour combattre les RPS en entreprise

Outre la gestion RH et managériale des RPS et des arrêts maladie, il est important de mettre en place des pratiques visant le bien-être des salariés à travers une stratégie de QVT (Qualité de Vie au Travail). Ainsi, selon l’Université de Warwick, en Angleterre, être heureux au travail pourrait augmenter la productivité de 12 %.

1 - Mettre en place des moments d’échanges

Comme l’explique Santé Publique France, il n’y a pas de bon et de mauvais stress. Si la pression est parfois vectrice de motivation, le stade supérieur qui conduit à devenir anxieux s’inscrit dans un risque psychosocial. 

La médecine du travail est bien sûr en première ligne, mais toutes les entreprises n’ont pas de professionnels de santé à demeure. Les RH et les managers sont donc garants de la préservation de la santé mentale de leurs collaborateurs. Ateliers d’expression réguliers pour échanger sur ses problématiques, rendez-vous individuels informels, sont autant de moyens de libérer la parole et de montrer que l’entreprise ne laisse pas ses salariés seuls dans cette situation. 

2 – Désigner un référent RPS 

Pour évaluer en continu les risques psychosociaux et prévenir des situations de mal-être chez des salariés, la désignation d’un ou plusieurs référents est très importante. Cela doit être des personnes en qui les collaborateurs ont déjà confiance et qui savent recueillir les problématiques sans juger afin, ensuite, de diriger le salarié vers le bon interlocuteur. 

3 – Evaluer la charge de travail et l’organisation

Qu’il y ait une ou plusieurs personnes concernées par les risques psychosociaux dans l’entreprise, il est dans tous les cas essentiel de comprendre les causes. Lorsque la surcharge de travail en est une, une analyse de la situation doit être le signe d’une amélioration concrète. Il peut s’agir d’apporter les bons outils pour limiter les tâches chronophages, de dispatcher certaines à plusieurs personnes, etc.

4 – Concevoir un réel programme de baisse du stress

La prise en compte des risques et de leur résolution à titre personnel et collectif passe aussi par un programme anti-stress indiqué comme tel. Loin d'être un gadget ou un effet de manche, il peut reposer sur de réels moments relaxants qui permettent de s’éloigner de ses angoisses. Pour cela, il est important de faire appel à des professionnels reconnus. 

5 – Encourager les collaborateurs à pratiquer une activité physique pour prévenir les RPS

Beaucoup de personnes font du sport pour se « vider la tête ». Derrière cette expression se cache une réalité : le sport permet de focaliser son attention sur son corps, sa respiration et ainsi de se détendre. Et ce n’est pas tout, l’activité sportive libère des endorphines, les hormones anti-stress par excellence. 

Si l’activité physique et sportive ne suffit pas à elle seule à empêcher les risques psycho-sociaux, dont les causes sont à rechercher dans les conditions de travail, elle contribue largement à libérer les tensions qui engendrent du stress. Ainsi, le sport, à raison d’au moins 20 minutes par jour, diminue le stress et l’anxiété en stimulant la production de neurotransmetteurs dans le cerveau, ce qui génère du bien-être. 

Pour encourager les salariés, il est important de proposer de l’activité physique au sein de l’entreprise. Cela permet de créer en plus une émulation de groupe. 

Les risques psycho-sociaux ont montré leur gravité, notamment à l’aune de la crise sanitaire, d’où l’importance de mettre en place un réel programme d’évaluation et de gestion du stress. Écoute, prise en charge et prévention sont les trois mots à retenir pour lutter contre les RPS.

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